Comme vous le savez peut-être, le tirage d’art Bergères Guerrières - Épilogue est en ce moment disponible sur LiberDistri ! Dans le cadre de cette vente limitée (du 13 au 16 février 2026), nous vous présentons une interview de l'artiste Amélie Fléchais, qui est l’illustratrice de la série BD Bergères Guerrières (scénarisée par Jonathan Garnier). Cet entretien a été réalisé par notre partenaire Thomas Olivri de Geek-Art.
Si l’art d’Amélie Fléchais vous plaît, si vous êtes fan des Bergères Guerrières, si vous aimez les illustrations remplies de douceur, si cette interview vous donne envie de vous procurer le tirage, alors foncez, car la vente prendra fin ce soir à 18h… C’est votre dernière chance ! ⏳
Pour info, les prints seront numérotés en fonction des ventes, signés par Amélie Fléchais et fournis avec un certificat d’authenticité. Ils se présenteront dans un grand format (61 x 91 cm), parfait pour mettre en valeur la splendide illustration que l'artiste a dessinée pour nous. ✨
Maintenant, nous vous laissons avec l’interview, alors asseyez-vous confortablement et prenez une tasse de café ! Bonne lecture ! ☕
Tout d’abord, pourrais-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ? D’où viens-tu, où travailles-tu… Et comment es-tu tombée dans l’illustration ?
Je suis née au Mans, mais j’ai grandi une partie de mon enfance et de mon adolescence en Afrique, en Côte d’Ivoire et au Gabon, ce qui a quelque peu influencé mon graphisme et m’a donné notamment la passion des motifs.
J’ai eu la chance de grandir au sein d’une famille qui aimait énormément les livres. Ma mère étant institutrice, j’ai eu accès à de nombreux livres illustrés dès ma petite enfance ; mon père étant passionné de bande dessinée, j’avais une bibliothèque remplie de tous les classiques à porté de main. C’est probablement ce qui m’a donné envie, en grandissant, de dessiner et de raconter des histoires à mon tour.
Amélie Fléchais / Jonathan Garnier / Glénat
À l’adolescence, j’hésitais entre le dessin de mode, l’illustration et l’animation, puis je me suis rendu compte que j’avais vraiment envie de raconter des histoires. Je me suis donc dirigée en premier lieu vers des études de bande dessinée aux Beaux Arts d’Angoulême, qui ne m’ont pas vraiment convaincue, pour ensuite me réorienter vers des études de cinéma d’animation à l‘école ESAAT de Roubaix, où j’ai été diplômée.
J’aimais beaucoup le cinéma d’animation, mais c’est un média qui demande énormément de temps de travail, pour ne serait-ce qu’une minute de film. J'étais un peu frustrée de ne pas pouvoir raconter mes histoires aussi vite que je le voulais et j’ai donc, en parallèle de mes études, continué à faire de la bande dessinée en autodidacte, que je publiais sur un blog. Ces bandes dessinées ont été repérées par un éditeur (Jonathan Garnier) qui m’a contactée pendant mes études. Une fois mon diplôme de cinéma d’animation en poche, j’ai donc finalement commencé par travailler dans la bande dessinée, en partageant ensuite mon temps avec des missions en freelance dans le cinéma d’animation.
Illustration par Amélie Fléchais
Comment décrirais-tu ton univers graphique ? Comment as-tu réussi à le « trouver » et dans quelles circonstances tu t’es dit : « ça y est, je veux faire ça toute ma vie » ?
C’est un peu compliqué de décrire son propre univers graphique, mais j’imagine qu’on pourrait le qualifier de « retro/folk ». Il s’est construit au fil de mes expériences, des pays que j’ai eu la chance de visiter et de mes lectures. Certains.es illustrateurs.ices ont eu une influence majeure sur mon travail, comme Tove Jansson, Jiri Trnka, Alice & Martin Provensen et bien évidemment Hayao Miyazaki. J’aime beaucoup la dualité de leur travail, qui mélange un univers onirique, « enfantin » avec des histoires parfois sombres et des thématiques matures. J’avais envie de retrouver cette dualité dans mon travail. Je ne sais pas encore si je veux faire ça toute ma vie, mais tant que je m’amuse et que j’ai envie de raconter des univers et des histoires, je continuerai le plus longtemps possible.
Illustration par Amélie Fléchais
Dans quelles circonstances as-tu eu l’idée des Bergères Guerrières, que tu illustres avec Jonathan Garnier au scénario ?
Le projet est né un peu par hasard. J’avais été contactée en 2013 par l’illustratrice Faustine Tarmasz pour participer à un projet de livre collectif intitulé Cavalry. Comme le laisse entendre le titre, le principe était de mettre en scène des cavaliers sur deux illustrations. Mais, à cette époque, je n’étais vraiment pas douée pour dessiner les chevaux et je dois aussi avouer que dessiner des chevaliers en armures ne m’inspirait pas énormément. J’ai donc dessiné des sortes d’amazones à dos de bouc et je les ai baptisées les “Bergères Guerrières“. Sur ces illustrations, il y avait quatre personnages qui semblaient être apparentés : une enfant, deux femmes adultes et une grand-mère, qui sont devenues par la suite Molly, sa mère, sa tante et sa grand-mère.
Illustration par Amélie Fléchais
Lorsque Jonathan a vu ces dessins, il a tout de suite été inspiré par ces femmes guerrières, qui offraient un beau potentiel pour une aventure dans laquelle les relations familiales occuperaient une place de choix. Nous avons commencé à imaginer une histoire autour d’elles et à nous poser une question : pourquoi ces femmes ont pris les armes et chevauchent des boucs ?
Cela a fait écho à une thématique qu’il souhaitait aborder dans un scénario : la guerre du point de vue de ceux qui restent, c’est-à-dire les femmes, enfants et anciens qui doivent continuer à vivre sans leurs pères, maris, frères… mobilisés pour combattre loin de chez eux. C’est devenu le thème principal de notre histoire.
Illustration par Amélie Fléchais
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes qui ont envie de devenir illustrateur ?
D’être le plus curieux possible de tout ce qui les entoure et de s’intéresser à toutes les formes d’art. C’est important de toujours se remettre en question et d’essayer de continuellement faire évoluer son travail. Et s’accrocher, évidemment, car la période n’est pas la plus propice pour se lancer dans ce métier.
Illustration par Amélie Fléchais
Quelle est ta vision du métier et de ses difficultés ?
C’est un très chouette métier, qui n’est malheureusement toujours pas considéré comme un vrai métier. Il y a de petites avancées, mais il manque toujours une vraie reconnaissance de nos statuts et de nos compétences, et ce n’est malheureusement pas prêt de changer au vu de l’arrivée de l’IA, qui génère des illustrations en quelques secondes. Cela donne l’impression que la création est un acte facile, alors que les images générées sont le fruit d’un gigantesque pillage. Il faut espérer que des lois rentrent en vigueur pour mieux protéger les artistes dans les années à venir.
Illustrations par Amélie Fléchais
Quelle est la pièce favorite de ton portfolio, et pourquoi ?
Cela change régulièrement, mais, actuellement, c’est l’une de mes dernières illustrations : « 3-BOOTS ». Je l’aime beaucoup, car elle donne l’impression d’être extraite d’une histoire et j’imagine une scène différente à chaque fois que je la regarde ! J’aimerais beaucoup, un jour, mettre en scène ses personnages dans un récit.
Illustration par Amélie Fléchais
Enfin, une petite question sur le tirage : comment as-tu travaillé techniquement ? Pourquoi cette idée de visuel, peux-tu nous en dire un peu plus ?
J’ai travaillé sur ce visuel dans l’idée de proposer une image iconique qui synthétise l’esprit de la série.
J’avais envie de mettre en scène une sorte d’épilogue lumineux qui renoue avec l’ambiance du début de l’aventure et contraste avec la mélancolie de fin. On y retrouve nos trois héros qui ont légèrement grandi, ont regagné leur foyer et semblent prêts à repartir à l’aventure.
C’est une image que nous avions hésité à montrer à la fin de l’histoire, dans le dernier tome, car elle clôturait peut-être de manière trop douce les thématiques abordées. Je suis donc contente de pouvoir la proposer aux lecteur.ices quelques années plus tard, dans cette illustration.
Je suis partie sur la méthode de travail que j’utilisais habituellement pour créer les couvertures. Je commence par poser le décor et les personnages à l’aquarelle, sur papier, afin de pouvoir garder des textures et des accidents, et d'éviter le côté trop “lisse” du tout numérique. Puis, j’affine le dessin sur Photoshop : j’y ajoute des ombres, des lumières, ainsi que d'autres détails.
Illustrations par Amélie Fléchais
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