Il y a quelques semaines, Incendium, l’artbook de Dominik Mayer (que nous, Caurette, avons édité avec Spiridon) a remporté le prix Imaginales de l’illustration de fantasy ! 🏆
Pour notre partenaire Thomas Olivri (de Geek-Art), c'était l’occasion parfaite de poser quelques questions à l'illustrateur allemand, et de vous faire découvrir un peu plus son portfolio ! Leur entretien est juste ci-dessous, alors asseyez-vous confortablement et prenez une tasse de café. ☕
Bonne lecture...
Interview réalisée par Geek-Art
Tout d’abord, pourrais-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ? D’où viens-tu, où travailles-tu… Et comment es-tu tombé dans l’illustration ?
Bonjour, je m’appelle Dominik. Je suis illustrateur à Nuremberg, en Allemagne.
Il est très difficile de déterminer précisément ce qui m’a attiré vers le monde de l’art. C’est plutôt une succession d’étapes au cours d’un parcours riche en découvertes et en aventures.
Comme beaucoup d’artistes, je dessinais énormément lorsque j’étais enfant. L’Histoire, et plus particulièrement le Moyen Âge, me fascinait. Je passais mon temps à dessiner des chevaliers et toutes sortes d’éléments liés à la fantasy.
Après le lycée, j’ai commencé des études d’histoire avant de me réorienter vers le design. Je me suis alors spécialisé dans l’animation 3D et, en réalisant plusieurs courts-métrages d’animation, j’ai découvert le concept art.
Peu à peu, j’ai renoué avec mon amour du dessin et de la peinture. Après l’université, j’ai travaillé plusieurs années comme artiste 3D, concept artist, graphiste et directeur artistique. Avec le temps, j’ai réalisé que ce que je voulais vraiment faire, c’était de l’illustration.
Depuis onze ans, je travaille comme artiste indépendant à temps plein. Mon livre Incendium rassemble des œuvres réalisées durant les huit premières années de cette aventure.
Art by Dominik Mayer
Comment décrirais-tu ton univers graphique ? Comment as-tu réussi à le « trouver » et dans quelles circonstances tu t’es dit : « ça y est, je veux faire ça toute ma vie » ?
Je décris généralement mon style comme une « obscurité colorée » (Colourful Darkness). J’aime les thèmes de dark fantasy, les sujets sombres et inquiétants, mais j’adore les peindre avec des couleurs magnifiques.
Je n’ai jamais eu l’impression de me dire : « Ça y est, c’est mon style », ni cherché à atteindre un style particulier. Mon style est le résultat de nombreuses années d’exploration et de plaisir créatif. Il a évolué progressivement au fil du temps, et j’espère sincèrement qu’il continuera à évoluer. Sinon, ce serait très ennuyeux.
J’espère donc ne jamais me figer définitivement dans une seule façon de faire.
Art by Dominik Mayer
Quel avis donnerais-tu aux jeunes qui ont envie de devenir illustrateur ?
Suivez toujours le feu qui brûle en vous. Cette étincelle d’inspiration. Cette joie de créer.
La technique, le style et même une carrière viennent naturellement lorsque cette flamme est présente. En tout cas, c’est ainsi que les choses se sont passées pour moi.
Art by Dominik Mayer
Quelle est ta vision du métier et de ses difficultés ?
La plupart du temps, c’est vraiment très amusant. Peindre et créer des images pour des projets extraordinaires est un privilège, et je suis profondément reconnaissant d’exercer un métier qui me procure de la joie chaque jour.
Mais bien sûr, ce n’est pas seulement peindre du matin au soir. Il y a aussi tout un travail de communication et de marketing : apprendre à se présenter à de potentiels clients, développer sa présence sur les réseaux sociaux, réfléchir aux contenus à partager.
Il faut également gérer toute la partie entrepreneuriale de l’activité artistique : l’administratif, les contrats, les démarches diverses. Personnellement, j’aime beaucoup cet aspect-là. Réfléchir aux possibilités de développement d’un point de vue commercial est quelque chose qui m’intéresse vraiment.
Mais ce sont pratiquement des métiers à part entière, et il faut réussir à les concilier avec tout le travail de création. C’est sans doute la partie la plus difficile.
Art by Dominik Mayer
L’IA est sur toutes les lèvres et tous les réseaux. Je dois t’avouer que, de mon côté, l’IA générative dans le milieu de la culture est clairement quelque chose que je ne cautionne pas. Quel est ton avis sur la question ?
Pour être honnête, cela m’agace surtout et cela m’ennuie.
Art by Dominik Mayer
Quelle est la pièce favorite de ton portfolio, et pourquoi ?
C’est impossible à dire. Chaque œuvre possède sa propre histoire et les émotions qui lui sont associées.
Je me souviens des moments où je les ai peintes, de la musique que j’écoutais, des difficultés rencontrées, des moments de plaisir, des hauts et des bas. Chaque pièce est profondément personnelle et émotionnelle. Elles sont donc impossibles à comparer.
Si vous m’obligez à en choisir une, je dirais probablement l’une de mes créations les plus récentes : Nachtgiger.
Sans doute parce qu’elle est récente. Et parce qu’elle est rouge. Et aussi parce que j’ai écrit un poème pour l’accompagner !
Mais si vous me reposez la question un autre jour, je vous donnerai probablement un autre titre.
Art by Dominik Mayer
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Je poursuis les choses que j’aime faire. J’essaie toujours de me concentrer sur le plaisir que je ressens pendant le processus de création. Si je ne prends aucun plaisir à réaliser une œuvre, il devient très difficile pour moi de la terminer.
L’inspiration peut venir de partout. Littéralement partout. D’un livre, d’une promenade, d’une visite au musée. D’un goût, d’une odeur, d’une simple couleur. Elle peut surgir à n’importe quel moment.
Le plus important pour préserver cette étincelle créative est de garder son regard ouvert sur tout ce qui nous entoure, en particulier sur les petites choses qui semblent insignifiantes. C’est souvent là que se cachent les trésors les plus précieux et les plus inattendus.
Art by Dominik Mayer
En tant que grand fan de ton travail, j’ai trouvé ton artbook Incendium absolument fantastique. Je suppose que je ne suis pas le seul puisque l’ouvrage a récemment reçu le prix du Meilleur Livre d’Illustration au festival des Imaginales à Épinal. Peux-tu nous parler du processus de création du livre ?
Merci infiniment ! Je suis très honoré d’avoir reçu ce prix !
Le livre est une collection d’œuvres sélectionnées parmi celles que j’ai réalisées sur une période d’environ huit ans, de 2016 à 2024. Nous avons rassemblé ces illustrations, ainsi que certains de mes poèmes et réflexions, pour composer un voyage à travers toutes ces créations.
Comme les œuvres sont très différentes les unes des autres, leur organisation a été un véritable défi. Nous avons donc choisi de nous appuyer sur ce qu’elles avaient toutes en commun : la couleur.
Le livre progresse ainsi d’une couleur à l’autre, chacune se fondant dans la suivante, créant une transition fluide entre différentes périodes et différents thèmes.
Ensuite, il a fallu trouver un titre. Comme je l’ai évoqué plusieurs fois, cette étincelle de joie, ce feu intérieur qui nous pousse à avancer, cette passion qui nous fait vibrer, est quelque chose de fondamental pour moi.
Incendium est un mot latin qui signifie quelque chose comme « tempête de feu » ou « brasier ». Il symbolise ce feu que j’ai mis dans la création de toutes ces œuvres.
J’espère que cette énergie transparaît dans le livre et qu’elle saura à son tour transmettre de la joie et de l’inspiration à ceux qui le découvrent.
Art by Dominik Mayer
➡️ Si vous souhaitez découvrir d'autres artistes et lire plus d'interviews de ce type, vous pouvez vous abonner à la newsletter de Geek-Art en cliquant juste ici !